Pour bien commencer l'année, j’ai terminé un projet qui me tient à cœur depuis un moment : ressortir Demain d'Argile, le court-métrage que j'ai coréalisé avec Charline S. Cabaret, tourné fin 2019 et achevé pendant la crise du Covid.

À l’époque, nous n’avions pas pu organiser de projection publique : le film fut diffusé lors d’une première en ligne, puis envoyé dans plusieurs festivals, sans remporter de sélection. Puis, j’ai commencé à œuvrer activement en tant qu’assistant-opérateur, Charline a déménagé… Nous avons, un peu malgré nous, cessé de faire exister le produit d'une année de préparation et de travail acharné. De la construction de décors en studio à l'élaboration de nombreux costumes, en passant par un tournage complexe et des finitions à n’en plus finir, nous avons vécu une sacrée aventure !

Avec le recul, j'ai bien conscience de l'apport de ce travail, personnellement comme professionnellement. Si j'en garde un souvenir fier et bienveillant, je vois aussi les erreurs commises. En définitive, une chose se vérifie : il n'y a pas meilleure école que celle de réaliser, tout simplement. Un premier film sera sans doute assez ignoré, plein de soucis qu'on refuse de voir, mais il restera toujours le premier : ce n'est pas rien. Que de telles créations finissent au fond d’un disque dur après tous les efforts collectifs déployés pour leur permettre de naître est déplorable.

Mais comme pour mon documentaire, je dois avouer que le poids du temps m'a fait peu à peu regretter le rendu final. J'y pensais depuis un moment, c'est enfin abouti : j'ai repris de zéro l'étalonnage du projet, avec mes connaissances actuelles, en vue de le dépoussiérer et de livrer publiquement une version définitive. Mieux vaut tard que jamais, non ? Mais avant... un peu d'histoire !

La préparation du projet

Tout nait d’une discussion banale lors de laquelle une question se pose : « Si on tournait un film ? ». Charline et moi avons conjugué son envie d'écrire et mon envie d'image : n'est-on jamais mieux servi que par soi-même ? Très vite, nous avons planté les premières bases : explorer les thématiques de la rencontre et de la violence masculine à travers un prisme personnel, mais jamais totalement autobiographique. Deux films en un : une partie réelle et la mise en scène d'une fable allégorique. Charline s'est chargée de la rédaction du scénario et du conte. J'ai essayé d'y contribuer... douloureusement1. Comme beaucoup de premiers projets, nous nous sommes arrêtés sur un script un tantinet trop ambitieux avant de plonger dans la préparation.

Dans un premier temps, Charline s'est occupée de la direction artistique de la fable. J'ai travaillé à l'élaboration d'un budget et d'un dossier de production à déposer en commission régionale. Essuyant un refus des décisionnaires. Mes prévisions manquaient de réalisme et se projeter dans le film était peut-être un peu compliqué : c’est le jeu. Au delà de la déception initiale, je peux comprendre les raisons d'un tel refus. Nous avons donc résolu de tout autofinancer en lançant une campagne de soutien participative qui nous a bien aidée. Je tiens d’ailleurs, à nouveau, à exprimer ma gratitude envers chacun.e des ami.e.s et de la famille ayant contribué à cette collecte !

C’était le moment. Nous avons enclenché une série de castings pour trouver nos nombreux rôles. Je remercie encore Sonia Leval pour son assistance précieuse sur cette partie. Le choix fut assez compliqué... Mais je garde un bon souvenir de toutes ces entrevues. J'ai particulièrement apprécié la recherche du personnage de la petite fille, pour laquelle nous avions imaginé tout un jeu à proposer aux enfants, lors de la rencontre (je ne cite pas l'ensemble de nos formidables comédien.ne.s que vous pouvez retrouver ici).

En parallèle se lançait la fabrication des costumes. Nous avons décidé d'utiliser de l'organza grâce à son étonnante prise de la lumière. Charline a dessiné les modèles et sa mère, Agnès, s'est occupée de les coudre.

Le décor de la fable conceptualisé, nous nous sommes appuyés sur des éléments peu onéreux, faciles à mettre en œuvre pour lui donner vie. Toute une scène en praticables, de la toile, du bois peint... Encore une fois, Charline s'est chargée d'une majeure partie de ce travail titanesque.

De mon côté, j'essayais d'engranger un maximum de références visuelles pour préparer la mise en image, en continuant de surnager dans l'administratif. J’ai revu beaucoup de mes classiques. Côté fable, j'ai tiré une grande part de mon inspiration du sublimissime Printemps, été, automne, hiver… et printemps de Kim Ki-duk2. Je suis allé lorgner du côté d'un de mes Kubrick préféré, Eyes Wide Shut, mais aussi vers le magnifique The Fall de Tarsem Singh. J'ai observé les directions de lumières de La Belle et la Bête de Jean Cocteau et les couleurs de Kailie Blues de Bi Gan. L'ambiance de certaines photographies de Nogushi Rika m'a également beaucoup parlé.

Côté réel, l'une des plus grandes réussites de Jarmush, Paterson, m'a accompagné tout du long, main dans la main avec Match Point, ce chef-d'œuvre de Woody Allen3. Je pourrais citer bien d'autres métrages inspirants dans le fond ou la forme : Les Lois de l'Attraction de Roger Avary, American Beauty de Sam Mendes, Before Sunset de Richard Linklater...

Nous avons aussi effectué de nombreuses sorties. Charline avait développé une fascination pour certains paysages jurassiens d'Auguste Pointelin — visibles dans certaines séquences —, ce qui nous a amenés vers Dole et Besançon. Nous sommes partis sur les traces de Gustave Courbet à Ornans pour une sorte de recherche sonore dans les forêts et les grottes environnantes. Quelques jours privilégiés. On entend d'ailleurs quelques empreintes enregistrées à ce moment, dans le film.

Vinrent finalement les repérages plus concrets, notamment au musée des Beaux-Arts de Dijon, qui nous a très vite ouvert ses portes, grâce au concours de Michel Degrange, ami et régisseur général de son état.

Mais la préparation, surtout artistique, s’avère très confortable dans ce qu’elle a d’hypothétique ! En réalité, toute cette aventure nous angoissait un peu. À l'époque, je ne sais pas si j'aurais continué si nous n'avions pas été deux. Enfin... Je passe quelques autres péripéties et le jour du tournage est miraculeusement arrivé.

Le tournage

Nous commencions par la fable. Notre temps en studio était limité et j’avais sous-estimé mon plan de travail4. Je me suis quelquefois pris les pieds dans les draps : trop de surface à éclairer, pas assez de puissance5. Malgré tout, nous avons vite trouvé un rythme correct grâce à l’efficacité de nos comédien.ne.s et de l’équipe. J’étais assez accaparé par la technique, laissant une bonne partie de la mise en scène à Charline. Ce n’était pas une mince affaire, mais l’absence de dialogue et le jeu entièrement basé sur l’expression et la gestuelle a rendu l’ensemble assez organique et particulièrement fascinant à filmer. Ce début de tournage m’a fait l’effet d’un tunnel… Tout est plus ou moins rentré, sans exploser le planning et sans problème majeur. Ainsi, il nous restait une dernière semaine de préparation et le réel à mettre en boite.

Le groupe a été remanié avec quelques départs et l’arrivée de nouvelles têtes. Grâce à notre scripte, Émeline Prat, Sarah Calamel est venue nous épauler à la mise en scène. Une addition bienvenue à l’équipe : avec l’aide de Naoile Jouira, elle nous a trouvé en quelques jours une flopée de figurants et notre plan de travail ressemblait enfin à quelque chose d’homologué. Et pourtant, il était encore un peu sous-estimé…

J’avais emprunté une nouvelle caméra pour finir ce tournage. Je pensais m’en sortir, mais, très vite, la réalité technique — développée plus bas — et l’ambition de mon découpage m’ont rattrapé. Fin d’année oblige, nous avions une fenêtre de soleil réduite et des changements de décor assez lourds. Nous avons souvent dû trancher et laisser tomber une partie des plans prévus. La semaine s’est déroulée en un clin d’œil malgré plusieurs journées complexes durant lesquelles la montre nous a joué des tours. Dans l’ensemble, un bilan un peu plus frustrant, mais pas dénué de beaux souvenirs, notamment au musée des Beaux-Arts de Dijon. Quel plaisir d’avoir pu y poser nos caisses et un long travelling au beau milieu de la salle des sculptures ! Concernant le jeu, j'étais un peu plus présent, mais Charline a repris en charge une majeure partie du rôle.

Encore une fois, je salue le travail et la patience de nos comédien.ne.s et de l’équipe. À titre personnel, j’avais atteint un niveau de nervosité (plus ou moins intériorisée) inédit, pendant cette période. Devoir garder la tête froide à chaque instant m’a énormément appris.

Un point sur l'image

J’espérais marquer une distinction franche entre la fable et le réel. En commençant par un changement de ratio entre le 2.39 et le 1.85 et en jouant de l'épaule d’un côté, contre une caméra plus posée de l’autre.

Pour notre allégorie, je désirais une image particulièrement nette, d'où le choix, dans la limite de nos possibilités, d'une Red Epic 5K, empruntée à Tease Production. J’ai loué une série d'Olympus à Honest Production, pour l’accompagner. Je souhaitais les utiliser autour de T8 pour maximiser le pouvoir de définition et la profondeur de champ. J’avais à disposition une source halogène de 10kW, une de 5kW et plusieurs autres gamelles tungstène plus légères. Malgré tout, j'ai dû ouvrir à quelques reprises pour me sortir des affres de la sous-exposition. C’était ma première grosse expérience en studio, elle m’a beaucoup profité.

En général, j'ai utilisé une immense toile de projection comme réflecteur de mon 10kW pour poser un niveau et gérer la couleur des ombres. Puis, une direction principale de lumière dure assez franche, en direct ou repiquée au miroir. Suite aux suggestions de Britta (électro nous ayant aidés en préparation, notamment), j'ai parfois travaillé mes sources puissantes en open-face, particulièrement en effet nuit. Le plus loin possible. Le plus haut possible. J'adore le rendu de cette astuce que j'ai, depuis, souvent répliquée.

Concernant le réel, je souhaitais une image plus douce, plus enveloppante. Un moyen, à mon sens, consistait à emprunter le magnifique Cooke Varotal 20-100 de mon ami Christophe de Constance Production. Mais j’avais besoin d’une caméra en PL et la seule que je pouvais espérer était sa Red One, toute première du nom6. Je n'imaginais pas encore comme ce choix allait me contraindre : nous étions une petite équipe équipée de sources lourdes et peu puissantes (hors de question d'emporter nos gamelles alimentées en triphasé en dehors du studio). Le besoin vorace de lumière de la Red m'a joué des tours et je n'avais alors que peu d'expérience... Enfin, un tel gabarit nécessite une mise en place plus pénible. Pour tout dire, je n'avais même pas de grandes branches7 : le moindre plan fixe m'obligeait à utiliser la dolly ! Impensable. Mon ami David Cacciato nous a sauvés en nous prêtant à nouveau sa Red Epic lors des moments impossibles à gérer.

Malgré ces difficultés, nous ne nous sommes jamais retrouvés au pied du mur et j'apprécie toujours le rendu d'une majorité des plans. J'ai peut-être eu tort de m'obstiner à vouloir changer de caméra, mais rien que la perspective de travailler le travelling-zoom me tenait à cœur. J'aurais, en tout cas, appris pas mal de choses (un peu brusquement) !

Toute cette aventure n’aurait pas pu se réaliser sans une équipe tenace (quelques très bons amis ne savaient pas encore qu’ils allaient me suivre dans mes bêtises d’opérateur sur un certain nombre de projets futurs, comme Léo Nèti ou Étienne Suzac). Vous pouvez retrouver tout ce beau monde ici. Et plus globalement, il convient aussi de remercier (avec un grand "R") les Ateliers du Cinéma, qui sont simplement l’épicentre de la réussite de ce projet.

Bref : tous les rushs enregistrés… nous devions maintenant en tirer quelque chose.

Un point sur la post-production

Dans un savant mélange d'envie d'apprendre, de manque de budget et d'orgueil, j'ai souhaité m'occuper de bout en bout de la postproduction. Le projet a vite été monté8, nous avons tourné avec Charline quelques plans additionnels, puis j'ai commencé à m'intéresser au son. Là-dessus, le premier confinement est arrivé, m'offrant un temps infini pour monter, démonter et remonter un nombre incalculable de fois cette partie9. J'y ai consacré des semaines, obnubilé, avec pour seule aide des heures de formations en ligne, des litres de café et des kilomètres de cigarettes... Dès que nous avons pu reprendre une vie (presque) normale, j'ai profité de la table de mixage10 installée aux Ateliers du Cinéma pour boucler tout ça. C'était fascinant, extrêmement instructif. Le son ne constitue néanmoins pas mon métier : j’ai perdu beaucoup de temps sur des choses passablement inutiles. Enfin... je me suis bien amusé. Mais c'était un sacré chantier.

Au passage, l’enregistrement de la bande originale s’est organisé avec le groupe dijonnais La Ruche juste avant l'enfermement national. Nous leur avons projeté des extraits du film, agrémentés d'indications, comme des tops départ et des marqueurs d'intensités. Les musiciens étaient venus avec plusieurs thèmes sonores que nous avions validés au préalable : l’idée, ici, visait à offrir un espace d’improvisation à l’image pour étendre cette base au montage. C'était une excellente journée et je trouve leur composition superbe. Et puis, quel bonheur d'intégrer de l'ambiant dans un 5.1 ! 11

Enfin, j'ai attaqué l'étalonnage. Je commençais tout juste à employer un flux de travail un peu carré, mais focalisé sur de mauvaises questions. J’ai commis quelques piètres choix techniques par mécompréhension de certaines logiques essentielles. Par exemple, j'utilisais le mode Color Managed de DaVinci Resolve, mais ma timeline était réglée en Rec709, plutôt qu'en Log : tous les outils ne répondent pas correctement dans cette configuration.

Je remarque aussitôt ces problèmes quand je revois les images aujourd’hui. Heureusement, j'ai bien évolué dans ce domaine ! Même si je ne suis pas étalonneur professionnel, je pense avoir retrouvé une teinte et une texture beaucoup plus fine et proche de ma vision initiale. Enfin, un avant/après vaut mieux que des mots…

J’ai choisi de travailler en ACES, comme je m’y engage systématiquement depuis un moment. Pas de casse-tête au niveau des courbes, tout est traduit en Log3G10. J'ai d'abord essayé de trouver un look pour chaque partie du film en me focalisant sur la couleur. Puis j'ai voulu tant bien que mal de matcher l'Epic et la One du réel avant d'attaquer plus en détail chaque plans. Certains choix de tournage me frustrent un peu, mais, dans l'ensemble, je suis satisfait. C'est intéressant de revenir, des années plus tard, sur d'anciens rushs pour les analyser à nouveau.

En conclusion

Je me réjouissais de me replonger dans ce projet qui, malgré tout, commence à dater un peu ! Des souvenirs d’une belle affaire que j’ai pris plaisir à traverser avec Charline. Elle a dessiné bien plus que les contours de Demain d'Argile et sans elle, rien de tout ça n'aurait vu le jour.

Je pourrais m'étendre des heures sur le sujet de la fabrication d'un film : les challenges à surmonter, les frustrations engendrées... Et pourtant, le bonheur que tout ce processus procure. Un effort à perdre des cheveux, qui me semble l’un des plus beaux. On pourrait se poser la question, valable, du pourquoi ? Pourquoi allouer autant d'énergie à une telle entreprise qui, ici, ne rapporte rien et n'intéresse globalement pas grand monde ? Car n'est pas le but. Matérialiser une idée, expérimenter le fossé qui existe entre un rêve et sa concrétisation, c'est tout ce qui compte : réussir à garder le cap et façonner du cinéma en partant d'une phrase jetée sur un morceau de papier.

Peut-on construire une vie pavée uniquement de projets comme cela ? Je n'en suis pas sûr. Est-ce un passage important, voire obligatoire ? Très probablement. Vous l'aurez compris, cette création a marqué mon petit chemin cinématographique. Alors, à votre tour, faites des films !


  1. Si d'aventure, vous imaginez que boire une bouteille de vin va débloquer votre créativité... attendez-vous plutôt à vriller et à chanter seul dans votre appartement les classiques de votre adolescence (l'album 7000 Danses d'Indochine, notamment...). Plus sérieusement, j'aime beaucoup écrire, comme l'atteste ce site. Mais la fiction est mon point faible assumé : je n'y arrive pas et je trouve mes quelques essais insipides. Enfin, je n'y prends que peu de plaisir... Pas grave, chacun son métier !

  2. Je suis malheureusement bien au courant des accusations autour ce cinéaste. Elles m'ont attristé au plus haut point. Revoir ce film en gardant ça en tête lui donne une teinte beaucoup plus sombre, par moment. Au regard de Demain d'Argile, aussi, d'ailleurs... Néanmoins, sans vouloir rentrer dans l’éternel débat de la séparation homme/artiste, je m’accroche à ma conception personnelle de cette œuvre qui m’a tant touché à chaque visionnage. Ceci étant, j'ai du mal à recommander le cinéma de Kim Ki-duk aujourd'hui. En tout cas, il faut impérativement l'observer en connaissance de cause.

  3. Le lien entre Demain d'Argile et Paterson est plus évident qu'avec Matchpoint... Mais, étrangement, je n'ai jamais pu me sortir de la tête la magnifique séquence de la Tate Modern. Rien que pour ça, j'étais heureux de pouvoir tourner, aussi, dans un musée.

  4. Nous avons investi le studio des Ateliers du Cinéma de Beaune pendant cinq ou six jours, dont 3 de tournage. Quand à la mise-en-scène, j'avais décidé de prendre en charge le planning. Sur le papier, c'était correct mais... gérer l'heure en même temps que l'image est un peu incompatible (je vous laisse deviner de quel côté la balance penchait).

  5. Le problème fut surtout le temps de prélight. Après l'installation du décor, il nous restait une unique journée consacrée à ça, durant laquelle je n'ai même pas été présent de la matinée (j'allais chercher du matériel). C'est comme ça. Mais je le précise car ne pas se ménager un véritable moment d'essai lumière peut vite être désastreux. Et il faut toujours tester les choses en condition. Par exemple, je souhaitais napper les abords de scène avec de la fumée lourde et éclairer cette dernière par le dessous. L'effet a été essayé indépendamment d'une installation lumière complète. Dès le premier jour de tournage, en allumant toutes les gamelles, la chaleur empêchait le brouillard de rester au sol. Beaucoup de temps perdu pour rien (je dirai même qu’il est parti en fumée) ! C'est comme ça qu'on apprend.

  6. Il s'agissait donc de la version à 400 ISO base. Pas de la Red One MX à 800 que j'avais déjà eu l'occasion de manipuler et qui me plaisait beaucoup. Et on parle d'une base utile en condition moyenne et contrôlée... Pour profiter d'une latitude correcte en basse lumière, ce modèle s’exploite plutôt un ou deux crans en dessous. Aussi, ceux et celles qui l'ont pratiqué se rappelleront de son ergonomie... particulière et de son caractère capricieux. Par exemple, le moindre petit choc éteignait ma caméra. Enfin, une dernière anecdote amusante. J'ai récupéré la bête la veille du premier jour de tournage. Je monte la configuration et me lance dans un bref essai... pour me rendre compte que l'unique disque se connecte en FireWire. Je ne sais pas par quel miracle j'ai trouvé un adaptateur Thunderbolt en fouillant dans les cartons de câbles des Ateliers du Cinéma, mais on n'était pas loin du drame !

  7. Avec la MX, on utilisait des branches légères avec une tête Sachtler FSB8. Sous-dimensionnée pour le tank RED One. Pour elle, j'avais récupéré gratuitement une vieille tête Vinten en griffe 300. Un peu défectueuse. Plusieurs anciennes vis créaient du jeu à chaque mouvement... Pour contrer ça, j'ai passé le tournage à mettre des cales sifflets entre la tête et sa base. On en voit deux sur une des photos, cherchez bien !

  8. Tout comme Ningxia : Le Fruit du Désert, j'utilisais encore Final Cut Pro X en montage. Je ne peux pas complètement le dénigrer : il propose une sensation de travail tout à fait inédite. Au détriment d'un lien exemplaire avec d'autres programmes...

  9. J'ai tout d'abord commencé à poser plein de sons dans Final Cut avant d'admettre que j'allais droit dans le mur. J'ai donc suivi une formation à ProTools pour tout reprendre au propre dans ce programme. Tout est un peu plus détaillé dans cet article. D'ailleurs, niveau matériel : tout avait été monté sur un MacBook Pro Intel mais j'ai travaillé le son sur un beau Hackintosh, réinstallé pour l'occasion sur une vieille tour que j'ai depuis mes 18 ans !

  10. Une Avid S6 dont j'ai utilisé une partie minime des fonctionnalités... Mais bon, c'était classe d'être derrière un tel module de contrôle (en plus, je regardais beaucoup d'épisodes de Star Trek à l'époque et j'avais profité du confinement pour rejouer à Mass Effect : c'était dans le thème).

  11. Il faut savoir que j’aime beaucoup le kraut-rock un peu planant à la Popol Vuh (qui a notamment composé la bande originale de Aguirre, la colère de Dieu). La musique proposée par La Ruche s’en rapproche beaucoup, dans un sens.