Fin 2023, je réfléchissais à un endroit où partir courant janvier. Où aller, dans ma recherche de froid et de neige ? Et bien... pourquoi pas l’Islande ? Retour en quelques lignes sur mes quelques jours là-bas.

Jour 01 — Arrivée à Reykjavik

Me voilà au jour « J » et le voyage commence déjà dans le métro. En cherchant à économiser quelques euros, je décide de me rendre à l’aéroport par la voie longue, celle... du tram 7. Je pars de Saint-Denis et, malgré toute la marge prise, le trajet s'éternise. J'arrive dans le mauvais terminal, puis la gorge sèche devant le contrôle de sécurité après quelques minutes de course dans d'interminables couloirs... fort heureusement, presque personne. Pas le temps de dire « Eyjafjallajökull » que j'embarque dans l’avion.

Le voyage se déroule en un clin d’œil et me voilà à Keflavík. Pour l’instant je vois peu de neige et il fait 3°C, mais ce n’est pas le moment de jouer au touriste mécontent. Je vais à la rencontre d’un employé de la boîte de location où je dois récupérer ma voiture. Premier imprévu : je ne peux pas régler la caution avec ma carte de débit. Le seul moyen, payer le pack d’assurance complet que j’avais sciemment choisi d’éviter. Je tente de négocier : je n’obtiens aucune réduction et je ne peux pas parler à un responsable. Tous les Français présents avec moi se font avoir pour la même raison. À contrecœur, j'ajoute une somme rondelette à la douloureuse pour pouvoir accéder au véhicule. J'embarque avec moi un couple qui, excédé, décide de trouver une autre alternative.

Et là, comme ça, me voilà sur une route islandaise. Pour l’instant je ne réalise pas, il fait nuit, les panneaux ressemblent à tout ce que je connais, la voie est lisible et éclairée. Je dépose mes compagnons d'infortune et me dirige vers l’auberge de jeunesse qui m’accueille ce soir, le KEX Hôtel. Le bâtiment m'évoque un squat. Après quelques courses essentiellement constituées de barres de céréales et de maigres ingrédients pour confectionner des sandwichs... je m'installe au bar pour y déguster une « flatus », blonde locale, seul accoudé au zinc.

Jour 02 — De Reykjavik à Lindartun

J’ouvre les yeux à 5h30, une heure avant mon alarme. Dans ma couchette d'auberge de jeunesse, au milieu d'une trentaine d'autres lits grinçants, impossible de me rendormir. Un brin de toilette, un café et c’est le départ. À Reykjavik, la météo est peu engageante. J'ai pour objectif de rejoindre le parc de Þingvellir avant le lever du soleil. Aujourd’hui, c’est mon moment le plus touristique : la visite du fameux cercle d’or.

La route se passe sans encombre. Alors que la luminosité grimpe, j'aperçois des bribes de montagnes, un changement radical par rapport aux alentours de la ville. Le paysage se découvre peu à peu. Arrivé au parking, j’observe les premières lueurs du jour avant de m’engager dans le chemin principal. Ça grouille de gens et je m'éloigne au premier sentier annexe. Me voilà seul. Le ciel est dégagé, les couleurs sont somptueuses... Le soleil mettra des heures à s'extraire des reliefs, nappant l’ensemble d’une lumière magique. Le parc est sublime, j’en fais un long tour avant de retourner à la voiture.

Prochaine étape : la chute d’eau de Bruarfoss. Je reprends la route, luttant contre l’envie de m’arrêter toutes les deux secondes. Au loin, le lac gelé que je viens de quitter, irradie. Garé en bord de chaussée, je me lance dans la petite randonnée nécessaire pour accéder à la cascade. Le ruisseau longeant le sentier luit d’un turquoise électrisant. La lumière rasante pare la neige d’un voile orangé tandis que le soleil me chatouille les joues d'une tiédeur agréable. L'air est sec et marcher un peu me revitalise.

Je poursuis mon parcours touristique vers Geysir. Ces spectaculaires colonnes de vapeur sont belles à voir. Je ne reste pas longtemps : l'endroit est trop achalandé, mais j'aurais eu tort de ne pas m'arrêter. Je termine par la chute de Gulfoss. Le panorama est à couper le souffle : c’est complètement fou, démesuré... Dommage de ne pas pouvoir descendre au plus proche des trombes d'eau.

En repartant, vers 16h30, je décide de prolonger mon trajet et me retrouve alors au lac de Kerið, enclavé dans un cratère de terre, de pierres et d’herbe aux teintes marron-vert. Si le site est beau, il ne m’enchante malheureusement pas. C’est l’antithèse de la cascade de Bruarfoss : un grand parking, un droit d’entrée, une vue. Aucune épiphanie.

Il me reste 1h15 avant de rejoindre un lit. La lumière décline petit à petit. Je débarque sur la route 1, la fameuse ring road dont je ne pourrai que rarement m’écarter désormais. À ce niveau, elle traverse surtout des zones commerciales et la fatigue me pend au nez. Pourtant, je me surprends à presque regretter que le temps soit si clément, après avoir lu tant de choses sur la conduite chaotique en Islande. Mais je viens à peine d'arriver...

Après avoir abandonné derrière moi toute forme de civilisation moderne, je rallie une baraque isolée, perdue au milieu de nulle part. La porte est ouverte, les propriétaires absents, laissant des instructions pour permettre aux voyageurs de prendre leurs quartiers. Je discute brièvement avec une famille allemande déjà installée pour la nuit. Enfin, après une ration de pâtes, une douche et ma lessive du jour, me voici affalé dans le lit, pas loin de l’extinction des feux.

Jour 03 — De Lindartun à Vik

Il est 6h30, mon réveil sonne. J’aurais largement pu dormir plus, vu la proximité de mon prochain lieu d’atterrissage, mais je préfère conserver ce rythme. Dehors... le vent frappe. Fort. J’avale un petit-déjeuner composé d’un café, d’une barre de céréales et d’une banane. J’infuse un thé dans mon thermos. Je prends mon temps pour me préparer, histoire de ne pas poireauter des heures dans le noir une fois arrivé à destination.

Je me mets à rouler en direction de Seljalandsfoss, une belle cascade. Ça souffle et il pleut. Un gros brouillard m’empêche d’y voir clair et je distingue au loin un grand pan de roches qui apparaît petit à petit. Arrivé au stationnement, je me dirige vers la chute éclairée par deux grands projecteurs. C’est assez impressionnant. Je poursuis un peu ma marche vers Gljufrabui. Ça glisse un peu. En fait, la neige ressemble surtout à une drôle de mélasse. Rien d'étonnant : il fait 6°C. Bizarrement, la luminosité n’évolue pas d'un pouce. Je jette un œil sur l’heure pour me rendre compte que le soleil est levé depuis 30 minutes... on est mal parti. Je retourne à la voiture, le vent souffle très fort, me déstabilise presque.

Je poursuis l'aventure vers Skogafoss. Alors là, c’est Disneyland. Plein de cars, plein de voitures... la chute est très belle et on peut s’approcher sauf que le chemin qui m'intéresse est fermé. Il m’a l’air pourtant correct, mais je ne veux pas jouer au touriste qui se fout des interdictions. Sous la pluie de plus en plus présente, je me fraye un chemin au milieu d'individus qui filment tous à la verticale — ok, c'est une chute d'eau - et je retourne à la voiture. Je découvre sur la carte une autre cascade, Kvernufoss, à 5 minutes.

Magnifique. Le chemin d'accès, certes court, a le mérite d’exister. Il n’y a personne... et l’eau tombe avec une force impressionnante. Aucune balise, tout est laissé à la responsabilité du promeneur. Je m’approche, pas trop non plus tant les projections d’eau sont importantes. Impossible de photographier avec mon Sigma, il a déjà pris l’humidité depuis un moment. Le Fuji commence à faire aussi la gueule. Mes chaussures commencent à laisser s’infiltrer la flotte. Mes gants sont des éponges. Ma veste est gaugée mais tient encore le coup. Je retourne au parking, très heureux de cette découverte. La même chose sans la pluie et je serai resté bien plus longtemps.

Le temps d’un séchage aussi improvisé qu’inutile et d’un sandwich... rustique et je pars pour ma première randonnée sur glacier. Une fois arrivé, on m’annonce la couleur : ça va être compliqué. Pas à cause de la difficulté, mais de la flotte. D’ailleurs, les infiltrations font s’ébouler des pierres de la paroi la plus proche. Un spectacle assez impressionnant : à chaque reprise, le guide polonais semble soucieux. Le tour est plaisant, mais on est vraiment "sur rail" et le guide s’arrête toutes les deux minutes pour vérifier que tout le monde suit (... non). Comme souvent, je suis dans ma bulle. Je suis trempé et je l'élude totalement. J’aimerais surtout marcher vraiment et plus longtemps. Malgré sa beauté, le glacier déchante. Lorsqu’on arrive dans un couloir très large, le guide nous explique qu’à son arrivée quelques années auparavant, il devait enlever son sac à dos pour passer en échasse. Que penser de tout cela ? D’un côté pays à la nature sauvage, de l’autre, terre de 4x4 et d’utilitaires immenses. Je participe avec ma voiture, en suivant l’itinéraire d’un tourisme de masse... Doit-on pourtant s’abstenir de voyager ? Existe-t-il encore des endroits vierges ? J’écris ça sans trop réfléchir et des questions me traversent dans la journée. Culpabilisation ? Ou déception de suivre un chemin tracé, lié à un orgueil mal placé ? Tout cela me travaille. Un peu, tout du moins.

Je suis trempé jusqu’à l’os quand j’arrive à Vik. En me rendant à l’auberge, je passe à côté d’une piscine... et pourquoi pas ? C'est ainsi que je me retrouve dans un bassin extérieur naturellement chauffé à 29°C. C’est super agréable, il n’y a personne dans l’eau, j’enchaîne les allez-retour pendant une petite demi-heure en lorgnant de temps à autre un tout petit bassin proche, chauffé à 45°C dans lequel la proportion humaine me semble encore inacceptable.

Une fois dehors, je me jette un demi dans une brasserie locale à la population pas du tout locale. Puis à la suite d’un repas digne d’un chef (nouilles instantanées et grilled-cheese), je monte dans ma petite chambrée. J’essaye tant bien que mal d’y faire sécher mes affaires tout en composant cette magnifique prose.

Jour 4 — De Vik à Hofn

Réveil à 6h45, j'émerge un peu difficilement et enfile mes vêtements du jour... tout n'a pas eu le temps de sécher correctement et la minuscule chambre est encore très humide. Mes Meindl sont gorgées d'eau : rien de pire que d'enfiler des éponges mouillées aux pieds dès le matin.

Je me lance sur la route, j’en ai pour 2h30. Je suis levé du mauvais pied et de nombreuses pensées parasites me traversent l’esprit. La neige se met à tomber d’un coup, m'empêchant de voir à deux mètres. Je réduis la vitesse, fasciné par ce tunnel de "vitesse lumière" digne d'un film de science-fiction. J’effectue une partie du chemin au pas avant que la tempête ne cesse aussi net qu'elle avait commencé. Le soleil pointe le bout de son nez et je commence à m’éveiller face aux immenses étendues blanches et aux montagnes du parc de Skaftafell qui trônent devant moi. Deux minutes d'arrêt dans une station pour mettre de l’essence et boire un café qui me remet d’aplomb : un café "noir comme un ciel sans lune", c’est peut-être tout ce qu’il me fallait pour chasser mon humeur maussade. Pour l'anecdote, ici, on peut bloquer la gâchette du pistolet à essence et vaquer à d'autres occupations pendant que le réservoir se remplit : comme dans les films. C'est idiot, mais ce détail participe à illuminer ma matinée.

J’arrive au point de rendez-vous d'une randonnée sur glacier. Je suis accueilli par un sympathique guide italien. Le reste du groupe est constitué de cinq jeunes Taïwanais.e.s et de trois Coréens. Je sympathise avec l’un d'eux pendant qu’on attend les autres. Nous commençons à marcher sur ces magnifiques étendues gelées aux reflets bleus saturés. Le temps est somptueux. Grâce au soleil, une petite couche réfléchissante se forme sur la surface fraîchement balayée par la pluie de la veille. Les conditions d’observation sont optimales.

Pour confirmer une impression latente, au détour d’une discussion, je comprends que presque aucun Islandais ne travaille dans ce « business » de marche sur glace. Je me questionne sur les implications de ce genre de pratique. L'excursion reste très appréciable, assez libre et sportive, surtout la descente avalée d’une traite, me plongeant dans l'état semi-méditatif que je chéris en randonnée.

De retour au pied des glaces, je décide d'aller me promener dans le grand parc naturel de Skaftafell situé quelques bornes en amont. Nichée dans les hauteurs, on y trouve une nouvelle cascade, Svartifoss. Au premier embranchement du sentier enneigé, je choisis de suivre celui qui monte à l’opposé de cette dernière... après tout, il m’intrigue et finit sans doute par boucler. Évidemment, j’ai laissé mes crampons dans le coffre de la voiture, ce qui m’amène à effectuer quelques... habiles acrobaties pour éviter de glisser.

Au bout d’une bonne demi-heure, la lumière décline déjà. La trace bifurque en épingle à flanc de falaise, offrant une vue magnifique sur les étendues en contrebas : un paysage hors du monde. Je consulte enfin un plan qui m'indique que je suis loin d'en découvrir le bout. J’hésite fortement à continuer, mais sans crampons ni lampe frontale, je flaire la mauvaise idée. À contrecœur, je rebrousse chemin en maugréant jusqu'au croisement et décide d'aller visiter la cascade, une paire de kilomètres plus loin.

On distingue encore la chute d'eau et, cachée derrière des stalactites, la particularité qui en fait la renommée : des formations d'orgues volcaniques. Le vent se lève, l'obscurité commence à régner. En partant, je m’arrête un instant et prends conscience de ma totale solitude. À cet instant précis, personne au monde n’a cherché à venir où je me trouve. Je ne sais pas du tout ce que ça dit de moi, mais cette idée m’apaise énormément.

Je retourne au 4x4 et reprends mon parcours dans la nuit. Quelque chose me turlupine : je repasse par la même route que le matin et toute la neige a disparu. Je n’en verrais presque plus jusqu’à Hofn, ma destination. À l'arrivée, je m’offre un repas dans une brasserie de bord de route. J'y déguste de bonnes pâtes au homard, accompagnées d’une bière un peu trop forte. Puis, je me rends à l’auberge. Personne à l'accueil, excepté un message m'annonçant que j’accède à un dortoir de 5 lits pour moi. Une excellente nouvelle !

Jour 5 — De Hofn à Hrafnabjorg

Un nouveau réveil matinal et une longue route qui m’attends. Aujourd’hui, j’ai assez peu de choses prévues, à part une idée de randonnée. Il fait doux, je rejoins ma voiture et me met en route. Je m’apprête à longer les fjords Est de l’Islande.

Comme tous les matins, j’observe la lumière se répandre partout, petit à petit. Je m’arrête à une reprise ou deux pour faire quelques photos, prendre l’air. Mais bizarrement, je me sens légèrement mélancolique. J’ai du mal à me défaire de pensées ennuyeuses. Et le temps souligne mon état d’esprit, avec une ambiance sombre, des nuages lourds. Pas de mauvais temps, plutôt ceux d’une atmosphère chargée, qui va de pair avec l’aspect très rocailleux et monochrome des paysages environnants. Je suis touché par la disparition de la neige. Il n’y en a plus la moindre trace sur mon chemin.

Je finis par m’arrêter pour un café. Je suis accueilli un peu froidement et m’installe, carnet et carte sous les yeux. Que faire ? Et après tout, si j’ai besoin d’un « but », alors pourquoi ne pas justement chercher la neige ? C’est une idée. Je scrute les routes. Impossible de m’enfoncer dans les terres, les voies finissent par être fermées et je serai forcé de retourner sur mes pas. Puis je vois que la route vers un fjord dans le nord-est accessible.

J’arrive dans la ville la plus proche, Egilsstadir et bifurque plein nord. La neige réapparaît progressivement. Puis plus j’avance et plus elle s’épaissit. Surtout, la route est de plus en plus verglacée. Au début je tâtonne avant de prendre un peu plus confiance dans les capacités du véhicule. Plusieurs fois je me demande si j’ai bien fait d’aller par là et plusieurs fois je me dis que c’est parce que je me pose la question que c’est une bonne idée. Ça grimpe, la voiture glisse un peu parfois. Les traces sur la route se font plus rares et la neige encore plus épaisse. Et d’un coup, alors que je traverse un versant de montagne, apparaît un avant-goût de ce qui m’attend. Monts enneigés, plaines blanches... Je suis concentré, pas encore totalement assuré, ne sachant pas où la route va s’arrêter. Puis le paysage s’ouvre, c’est magique. Je suis abasourdi. Et j’aurais la même réaction en arrivant au village d’arrivée. Petit lieu d’habitations reculé, au bord de l’eau, enclavé. C’est magnifique. Je m’arrête, sors et grimpe au sommet d’un petit monticule en bord de ville, pour observer tout ça d’en haut.

Je ne reste finalement pas si longtemps. J’aimerai tout de même faire une petite rando, surtout après tant d’heures de route. Et même si je ne l’admet qu’à moitié, j’ai peur que la météo change du tout au tout et m’empêche de remonter correctement. Le chemin inverse offre un autre point de vue tout aussi fabuleux. Je m’arrête même pour contempler le silence, le temps d’un instant. Une fois la montée à nouveau passée, je bifurque par une nouvelle route qui longe un sublime lac gelé. Je traverse une forêt d’arbres plus petits que moi. Tout me fascine. Au loin, le paysage semble sorti d’une autre planète, la lumière n’est plus pesante mais volatile, douce.

J’arrive au pied de la balade d’Hengifoss. Le chemin n’est pas trop compliqué mais ça tire : resté assis au volant des heures, je suis raide comme un balai. Par contre, c’est casse gueule. Surtout la dernière partie, entièrement verglacée. Je fais le cabri entre les pierres pour contourner les plaques. J’arrive enfin à la cascade, gelée. Le lieu est très étonnant. Un canyon, majestueux, d’une couleur très marquée. Une petite percée dans le ciel permet de modeler le tout avec des rayons de lumière plus durs. Au retour m’attends un spectacle magnifique, un coucher de soleil d’une beauté fracassante. Je suis totalement changé, heureux comme je-ne-sais-quoi, tellement touché par ce moment.

Puis je retourne en ville. Déjà pour remplir le réservoir, en réserve. Je fais quelques courses d’une qualité folle (pâtes en sachet Knorr et barre de céréales) et décide d’aller boire une bière dans un troquet. Moment agréable dans un lieu totalement vide, même de personnel, la serveuse s'éclipsant à l'instant même où je règle ma pinte.

Je pars pour la maison d’hôte en chantant sur la route. Une charmante demeure où je rencontre un Hongrois qui m’explique qu’il travaille dans l'audiovisuel. Amusant. Un type sympathique et encore plus mauvais que moi en anglais.

Jour 6 — De Hrafnabjorg à Reykjahlid

Mon réveil sonne, toujours à la même heure. Personne n’est debout, je prépare mon café instantané, croque une barre de céréales et m’apprête à partir. Une bonne heure et demie de route m’attend, vers l’ouest, en direction du lac de Mývatn. Je pars l’esprit léger. La journée s’annonce moins chargée en route.

La neige est bien présente, les montagnes ont laissé place à des amoncellements de pierres noires qui donnent aux environs un air lunaire. Quelques flocons tombent, l'air se charge de brouillard, mais la lumière perce doucement.

Je m’arrête en premier lieu sur le site de Hverir avec ses cratères volcaniques crachant de la vapeur. C’est joli, intéressant et surtout très préservé. Juste quelques cordes à ne pas dépasser, assez discrètes pour ne pas trop dénaturer l’endroit. L’odeur de soufre qui règne n’est pas si désagréable. Je me balade entre les cavités, observe, prends quelques photos. Je repère un sentier qui entoure un petit mont, à côté. Malheureusement, le sol est vraiment glissant et mes crampons de moins en moins efficaces.

Je me rends donc à Reykjahlíð, petite bourgade, à la recherche d’un café que je ne trouverai pas. Qu’à cela ne tienne : je continue vers Dimmuborgir, un parc depuis lequel partent plusieurs itinéraires de marche.

Une fois arrivé à Dimmuborgir, j'emprunte une bifurcation pour rejoindre le pied de Hverfjall, un volcan surplombant le lac Mývatn. Difficile de suivre un quelconque itinéraire, les petits piquets d’indications sont tous ensevelis. Mais le vrai souci, c’est que je m’enfonce de plus en plus à chaque pas. Après une grosse demi-heure de galère où je me vautre un certain nombre de fois — je chute même dans un trou de neige jusqu’aux épaules... j’abdique et retourne au parc. J’entame donc une boucle plus classique, traversant toutes ces majestueuses pierres noires. C’est irréel. Depuis mon arrivée, des flocons commencent à tomber et le ciel a pris la couleur du sol, offrant une ambiance particulière de journée hivernale à l’odeur si douce que j’aime beaucoup. Donnez-moi de la neige, permettez-moi de marcher dessus et je suis heureux ! Tout se ressemble sans être vraiment pareil, c’est atypique et propice à une petite promenade très agréable. Enfin, c’est un détail, mais le peu de personnes que je rencontre me saluent avec un grand sourire. Les jours derniers, j’ai croisé trop de gens qui tournent le regard en ignorant complètement mes civilités.

Je retourne à ma voiture pour rejoindre un chemin zigzaguant entre les pseudo-cratères au sud du lac. Ce dernier est presque intégralement gelé. La brume et le ciel confondent toute forme dans un camaïeu de gris bleuté. Je ne vois pas le bout de ce magnifique tableau abstrait. La marche est sympathique... Même si mes crampons ont largement rendu l’âme. C’est assez court, un peu moins d’une heure et le vent se met à souffler fortement. Je suis absorbé.

Je finis le tour du lac en roulant puis me rappelle de l’existence, proche, d'une grotte abritant une source chaude. La piste est totalement gelée, ce qui fait glisser régulièrement la voiture, c’est assez drôle. Enfin, je découvre la toute petite entrée de la cavité. J’hésite un peu à descendre, ne parvenant pas à déterminer s’il y a de la glace sur les rochers. Arrive alors un groupe de cinq jeunes qui parlent très fort. Une présence troublante qui me décide : je sors la frontale et me jette dans le trou. Très facile d’accès, je me fraye un passage entre les cailloux et, en une dizaine de pas, atteins le fond. Dans cette minuscule cave, j'entends l'écho du beuglement des autres visiteurs : je n'en comprends pas un traitre mot, prie pour qu’ils ne crèchent pas au dortoir où je suis censé passer la nuit. Personne ne descend. Je profite alors d'un long moment de calme quelques (centi)mètres sous terre, les mains trempées dans l'eau tiède qui ruissèle à mes pieds.

Pour conclure la journée, j’hésite à me rendre à la station thermale, toute proche. Elle m’a tout l’air d’être un gros établissement, pas donné. D’un autre côté, j’ai le sentiment que c’est moins l'industrie que le fameux Blue Lagoon de Reykjavik et je risque d’y croiser moins de monde. Ça m’évitera de me sentir piégé dans un album de Reiser.

Finalement, je me retrouve dans un teen movie ! Dans les vestiaires, une tripotée de « jocks » clichés crient en anglais, se reluquent dans la glace en accaparant toute la place. Heureusement, personne ne me donne de coup de serviette au passage. En fin de compte, ils déguerpissent vite rejoindre leur gros car de touriste garé devant. Bon débarras... Une fois dehors, si se promener en maillot par -5 est assez déplaisant, l’eau est délicieuse. Ça ne me touche pas particulièrement, mais je prends un certain plaisir à nager. Enfin, tout beau, tout propre, je repars vers mon point de chute. Où m’attend une agréable surprise : j'ai été surclassé dans une chambre solitaire. Dans le lieu presque vide, comme à l'accoutumée, je rencontre un couple d’Allemands vivant à Zurich et extrêmement sympathiques.

Jour 7 — De Reyjahlid à Akureyri

J’ouvre les yeux, seul dans cette grande auberge de Reykjahlíð. Je m'apprête à partir, tout emmitouflé, vers le volcan de Hverfjall pour y observer le lever du jour depuis son sommet. Mon véhicule file jusqu'à l'orée d'une piste très enneigée, dans la nuit. Au bout de quelques mètres, le moteur râle, les pneus s'enlisent. Je ne tiens pas à tenter le diable et laisse la voiture en carafe. Armé de mon plus bel attirail et de ma frontale, j’attaque le reste du chemin à pied. Le ciel est nuageux, sans brouillard. La température enfin digne d’un hiver : le mercure culmine timidement à -10°C.

Plus je piétine — ou plutôt, patine — et plus je maudis mes crampons. Je galère, mais atteins le contrebas du volcan. La nuit commence, elle aussi, à glisser doucement. Je me lance dans l'ascension qui me paraissait d’une facilité enfantine... sauf que je me vautre tous les mètres. Je me motive malgré tout : ce n’est pas tous les jours qu’on marche sur un volcan. Je continue en tâtonnant, jusqu'au sommet. La vue est grandiose. J'entame alors le tour du cratère. Le vent me balaie les joues. Règne cette si bonne odeur de froid sec et de neige fraîche. Même si le soleil se cache, les couleurs rosées habillant le paysage sont belles à mourir. Puis, rattrapé par des considérations moins poétiques, je retourne à la voiture en ayant le but de : manger un vrai petit déjeuner, boire un café et essayer, une bonne fois pour toutes, de réparer mes satanés crampons.

Sur le parking de la supérette, je déguste une pâtisserie cannelle-chocolat et un café-Camel en réfléchissant à la suite. Le soir, je dors à Akureyri, à une petite heure de route, ce qui me laisse beaucoup du temps. Je décide de rouler jusqu’à la ville de Húsavík, où la principale activité serait d’aller voir des baleines. Arrivé sur la côte, je traverse seulement la ville. À quoi bon s'arrêter ? J'avance comme ça pendant un bon moment, sans réel but et sans chercher à faire demi-tour. Les kilomètres s'accumulent et la civilisation s'efface au loin. Les notes du Blanat de Nino Ferrer résonnent dans l'habitacle du véhicule. Enfin, un modeste phare orange vif, intriguant, se détache du paysage. Je décide de m’y arrêter, le temps d'une pause. Malheureusement, l’accès est clôturé. Je reprends donc mon périple jusqu’à Goðafoss.

La cascade est très belle même s’il n’y a pas grand-chose à faire pour l’atteindre. J’observe, descends au niveau d'un sentier fermé pour m’approcher un peu. L’eau revêt toujours cette couleur turquoise si particulière, contrastant avec la blancheur environnante. Enfin, je décide de me diriger vers la deuxième plus grande ville d'Islande. J'ai repéré, sur internet, un petit chemin de basse montagne qui semble intéressant. Pour m'y rendre, j’ai le choix entre un itinéraire court, traversant un tunnel payant ou un autre contournant le massif, le long d'un fjord. Ce serait dommage de louper ça, malgré ma fascination pour les ouvrages souterrains.

Bon choix : la route, haute perchée, offre un panorama formidable. L'embouchure du bras de mer et ses remous abstraits apparaissent au loin, grandioses. Puis, je traverse une longue plaine où certains abords, épargnés par la neige, laissent deviner une herbe d’un vert pur. Je n’ose même pas imaginer la beauté de ce paysage en plein été. Le vent souffle très fort, comme s'il cherchait à jouer avec mon véhicule bringuebalant. Quelques derniers kilomètres et me voici à l'orée de la ville, au pied d'une modeste randonnée.

Vu l’heure et le temps annoncé, je m'engage dans le froid mordant, tout en sachant que je ne pourrai pas aller jusqu'au bout. Le sentier gravit un petit mont, en direction d’un sommet local. Malgré une réparation sommaire de mes crampons, je galère un peu, mais la marche s’avère revigorante. Je continue au maximum avant d’atteindre un cairn où je décide, avec un pincement, de rebrousser chemin.

Pour conclure ma journée, je me rends à la piscine municipale. Il neige et la nuit est tombée, lorsque je plonge dans le grand bassin extérieur, point de rassemblement de nombreux Islandais et de quelques touristes. L’exercice me fait du bien. Après plusieurs longueurs un peu rouillées et un passage dans une eau chauffée à 40°C, je décale vers l’auberge de jeunesse où m’attend une place en dortoir. J’y déguste une bière offerte par la maison et m’octroie un vrai repas. Un succulent poisson frais, une ombre chevalier. "Damn good food" ! Une fois n'est pas coutume, j'ai la chambre pour moi seul.

Jour 8 — De Akureyri à Staður

Comme chaque matin, je jette un coup d’œil sur la carte indiquant l’état des routes. L'axe ouest est totalement bloqué à cause de la neige. Je traîne au lit, coincé, pour ainsi dire, avant de me décider à rejoindre la salle de petit déjeuner, que je veux bien m'offrir pour changer. Au rez-de-chaussée de l’auberge, pas un chat. Plongée dans la nuit, la réception est close. Sans alternative, je commence à m'enraciner dans cette grande pièce boisée alors que descendent trois autres Français. Eux cherchent à atteindre l’est, d’où je viens. Mais la route est aussi fermée de ce côté. Pas question de quitter Akureyri.

L’accueil ouvre enfin, alors que le jour se lève. Mais sans petit-déjeuner. On nous offre tout de même le café, une appréciable attention. J'accompagne un des Français en quête de viennoiseries. C’est un bordelais, un ancien ingénieur du son reconverti en cuistot. Très aimable, il a exactement la même tête que le frère d'un vieux copain. Bref, c'est sympathique de discuter, mais je ne tiens pas à moisir ici : le temps avance et la route principale n’est toujours pas accessible. Je remarque alors que je peux la contourner par le nord : une voie vient d'ouvrir, mais la carte y indique un épais manteau de neige persistant. J’hésite avant de me décider vers 10h30, las d'attendre.

L'atmosphère de la rue se révèle diffuse et gelée. On sent qu'il a neigé toute la nuit. J'y retrouve mon véhicule, l'amène à la sortie de la ville, puis m'engage sur une voie blanche interminable, montant légèrement à flanc de montagne, direction nord-ouest. C'est fastidieux. Le vent souffle, de gros flocons virevoltent dans tous les sens et la visibilité se dégrade, jusqu’à tourner à la vraie purée de pois. Ne distinguant plus grand-chose, je ralentis et conduis prudemment. En me faisant tout de même doubler, tout à coup, par un semi-remorque islandais lancé comme un boulet de canon...!

Tunnel, route, tunnel (très curieux, surtout ceux à une unique voie, avec la roche apparente). Le temps s'étire alors que l’itinéraire grimpe de plus en plus haut... débouchant au-dessus de la couche de brouillard. Tout s’éclaire. Un lac, magnifique, au loin et un minuscule village où deux gros molosses se ruent sur ma voiture, à mon approche. Après un rapide échange de politesse avec eux, je continue : une fois dépassées les quatre ou cinq bâtisses du patelin, la route redescend et plonge à nouveau dans le tumulte.

Je commence à me sentir fatigué, à force de me concentrer. Je redouble de prudence, monte légèrement le volume de ma musique, pour me stimuler, et profite d'un instant d'accalmie pour m'arrêter me dégourdir les jambes… Et tout se répète : je reprends le volant, traverse une autre tempête blanche, sors du bourbier et me stoppe pour une petite marche. Ce qui devait arriver arriva : je glisse et me vautre lourdement sur une plaque de verglas, confirmant mon manque d’énergie. Néanmoins, la ballade me réveille assez pour me permettre d’avaler sans broncher les derniers kilomètres d'une journée à conduire. Je me rapproche d'ailleurs de ma destination, voisine d'une nouvelle cascade où je décide d’assister au coucher de soleil.

Tout se dégage dans le ciel, magnifique, et les nuages bas forment d'immenses chaines de montagnes léchant l'horizon, qui s'entremêlent dans un étrange jeu de perspective. Tout l'univers a changé. La neige a disparu et surtout : ça sent la campagne, les champs, le fumier lointain. Devant la chute d'eau, je profite de cet air revigorant et des dernières lueurs du jour. Enfin, je rejoins une grande maison, dressée en marge de la route, seule au milieu de kilomètres carrés de prairies vides.

Jour 9 — De Staður à Reykjavik

J'avale mon café d'une traite et saute dans la voiture : il est 8h30. J’ai repéré un petit chemin qui sera parfait pour le lever du jour.

Après un bout de route dans la neige, j’arrive au bord du sentier, tracé au milieu des arbres, proche d’un lac complètement gelé. Le temps est dégagé, agréable. Je dépasse quelques maisons isolées que j'imagine très accueillantes, l'été venu. Au loin, le soleil perse joliment à travers les nuages. L’exercice m’active, jusqu’au moment où mon pied s’enfonce jusqu’à la cheville dans une poche de glace… Me voilà trempé et bien réveillé !

De retour à la Dacia, je me sens un peu triste. C'est mon dernier jour et une légère démotivation commence à poindre. Je décide de rejoindre une nouvelle cascade située proche d’une cave de lave, histoire de faire un peu de route secondaire et de voir du paysage. J’y retrouve une ambiance touristique moins agréable et repars rapidement.

Après un trajet caillouteux, je débarque sur un modeste bras de terre, un infime fjord avoisinant Reykjavik, sans personne. Je me lance dans la marche, facile et plaisante. Un aller, un retour avant de rentrer à la capitale.

Une fois garé, je flâne un long moment, sans but, à travers les rues. Je remonte l'artère principale du centre, observe, pars voir la fameuse église... La ville me parait très agréable, mais si petite ! Enfin, je passe à côté d’un bar jouant une musique qui m’attire et finit assis au comptoir. N’ayant mangé qu’une unique barre de céréale, je me sens déjà ivre au bout d'une bière... J’achève ma soirée dans l'auberge du premier jour, devant une pizza et dans un dortoir bondé.

Jour 10 — Le retour en France

J’émerge avant mon réveil. Enfin... Il est 2h30. Je me rendors instantanément, jusqu'à ce que l'alarme me tire du lit quatre heures plus tard. Je me sens bien dans ce petit lit superposé, mais je saute tout de même jusqu’à la salle de bain, pour éviter la cohue. Après m’être rafraîchi, je descends pour m’offrir le petit déjeuner. Quelques solides tartines d’une confiture au goût indéfinissable sur du pain islandais. Un café sur la terrasse, histoire de me rendre compte de la météo médiocre et je décolle. Sur le parvis de l’auberge, m’aborde Sergio, un Portugais très sympathique. On discute cinq minutes, sous l’unique lueur d’un réverbère. Dans le pays pour une résidence, il doit se rendre à la gare routière, sans connaître le chemin. Autour de nous tombe un drôle de mélange de flotte et de neige. Je lui propose de le déposer.

Il est tôt, j’ai le temps de profiter encore un peu. J'observe la carte et décide de rouler vers une plage de formations volcaniques. Le trajet s’avère complexe, on ne distingue rien, les gens conduisent comme Fangio et ma voiture se comporte… étrangement sur la moindre flaque d’eau. Bref. Je finis par sortir de la ville et me retrouve presque instantanément seul. Le vent souffle fort et la pluie ne discontinue pas. Quand j’arrive à ma destination, assez peu engageante au demeurant, un véhicule vide est garé en plein milieu du chemin. Difficile de le contourner sans me lancer dans un rodéo et ce n’est pas le moment d’exploser ma bagnole. Pas le moment non plus d’entreprendre quatre kilomètres de marche sous la flotte et dans la tempête. Je décide de tuer le temps à rouler en profitant de mes dernières gouttes de carburant. Les environs présentent un aspect différent des jours passés. Marqués par l’influence des volcans, parsemés de roches noires à perte de vue. Dans cette ambiance sombre, grise, bleue et vert foncé, le paysage parait un peu apocalyptique.

Enfin, j’arrive dans un lieu magnifique : le point de chute des milliers d’automobiles de location qui sillonnent l'Islande. Une gadoue marronasse longe d'interminables files de Dacia Duster et d'entrepôts immondes dans d’immenses parkings à ciel ouvert. Je participe complètement à ce désastre esthétique et j’en ai malheureusement bien conscience. Le temps de saigner ma carte bleue pour un dernier passage à la pompe et je retourne à l’agence. L’avantage de toute cette pluie, c’est surtout d’avoir nettoyé la voiture à ma place... Devoir le faire m’aurait bien irrité, surtout après l’affaire de l’assurance...

Accueilli rapidement, je rends les clés, signe l’état des lieux, et cinq minutes après, tout est réglé. J’ai parcouru 2427 km. Soit 7,7 fois Paris-Dijon. Dehors, je rencontre mes compagnons du premier jour. On discute cinq minutes : ils ont réussi à prendre, enfin, un véhicule, mais ont finalement dû payer l’assurance pour une affaire de plafond bancaire. Néanmoins, leur aventure s’est révélée fort plaisante et j’apprends avec joie que l’un a demandé la main de l’autre pendant leur périple. Pour eux, par contre, le rendu semble plus compliqué. Après de longues minutes à parlementer, des allers-retours incessants, le ton qui monte… Ils sont enfin libérés. Pour une sombre histoire de plaque cassée sous le véhicule, on leur demandait 1600€. Après des menaces de faire intervenir la police, c’est un manager qui aurait réglé le contentieux par paresse de se déplacer pour un problème si minime.

Nous arrivons à l’aéroport, où nous nous quittons à l’enregistrement. Je passe la sécurité et me pose pour manger une merde quelconque. Le temps s’écoule tranquillement jusqu’au moment où je mets les pieds dans l’avion de retour. Le vol s’effectue en un clin d’œil. Puis c’est l’atterrissage à Orly, une longue attente en roulage, le bus jusqu’à Denfert-Rochereau et la marche vers Gaité. Pour une nouvelle destination, la ligne 13, presque un autre voyage en soit !